Merci a Eskoo pour ce bon tuyau Arfffffffff
Rock Psychedelic
Au commencement, un musicien : Steven Wilson. Né en 1967, il est trop jeune pour participer à la première vague de rock expérimental et psychédélique mais il développe rapidement ses dons musicaux en étudiant la guitare et le piano.
Au début des années 80, Wilson met à profit ces années d’apprentissage dans des formations progressives underground telles que Altamont (sortira en 83 la cassette « Prayer For The Soul » en duo avec Simon Vocking) ou Karma (« The Joke’s On You » en 83 et « The Last Man To Laugh » en 85).
Ces expériences se font parallèlement à des explorations musicales qui font naître le groupe No Man Is An Island en 1987. De plus, il a accumulé toute une série de compositions et de concepts avec Alan Duffy pouvant convenir à un groupe plus progressif. Ce dernier démarre pourtant comme une plaisanterie entre Wilson et un ami à propos d’un soit-disant groupe oublié des années 70.
Ils imaginent alors une discographie fictive à la manière du célèbre « Spinal Tap » et Wilson écrit lui-même quelques extraits censés provenir de leur dernier album ! Ces enregistrements « maison » sont distribués de façon restreinte en cassette, avec un livret racontant la vraie-fausse histoire du groupe.
En 1989, sous le pseudonyme de Porcupine Tree, Wilson sort cette cassette (Love, Death & Mussolini) qui sera remaniée et publié en 1991 sous le nom de « The Nostalgia Factory ». Par un heureux coup du sort, deux enregistrements de ces « faux » parviennent dans les mains de deux producteurs qui souhaitent en écouter davantage.
C’est ainsi que Wilson réunira ses meilleurs travaux en 1991 dans son premier album officiel : « On A Sunday Of Life ». L’exercice de style reste un peu brouillon et sans véritable structure (envolées acoustiques, expérimentations synthétiques, progressif pur jus etc.). La faute à l’esprit compilation de titres écrits entre 84 et 90. L’influence du Floyd ou Gong est indéniable mais le côté mélancolique et nostalgique de l’ensemble impose déjà son propre style même s’il manque encore de maturité. « Voyage 34 » le maxi-single suivant prendra le contre-pied de cette expérience, puisqu’il se plongera dans une approche space-rock psychédélique (on songe parfois à un Tangerine Dream hargneux) pour raconter le trip LSD du jeune Brian. Si elle ne convainc pas tout à fait, cette vision technoïde parvient à constituer un premier noyau de fans dans le milieu underground anglais.
En 1993, Wilson s’entoure du bassiste Colin Edwin et du claviériste Richard Barbieri (ex Japan) pour enregistrer son second album « Up The Downstair ». Ce dernier s’avère plus nettement plus maîtrisé que son prédécesseur et s’inspire davantage d’un progressif classique, ambiant et parfois pop. Le magazine Melody Maker le qualifie de « chef d’œuvre psychédélique ».
Cette fois, la roue est lancée. Pour la tournée qui suit, le batteur Chris Maitland rejoint la troupe de Porcupine Tree qui passe du pseudonyme au groupe à part entière ! Si « The Sky Moves Sideways » (95) reste encore le fruit du travail exclusif de Wilson, il n’en demeure pas moins le plus progressif ! Avec ses deux parties éponyme de près de vingt minutes Porcupine Tree lâche ses ambiances mystérieuses et hypnotique.
C’est à partir de « Signify » en 96 que commence à s’installer une véritable collaboration entre les musiciens. Ils s’ouvrent ainsi de nouveaux champs d’explorations qui entremêlent généreusement un progressif pur et dur avec une pop savoureuse qui agrandit encore le cercle des fans. Le live « Coma Divine » (97) saura restituer fidèlement les différents horizons explorés.
Toujours très prolixe, « Stupid Dream » sort un an plus tard et confirme l’impression laissé par leur précédent album. Le virage pop des compositions se confirme avec des chansons omniprésentes plus accessibles. Mais le succès reste encore confidentiel.
En 2000, « Lightlub Sun » et ne marque pas d’évolution notable. L’album navigue entre une pop sophistiquée, parfois éclatante, et des climats planants plus torturés (Wilson sort d’une rupture sentimentale). Une compilation de faces B et d’inédits voit le jour avec la sortie de « Recordings » et en mars 2002, Chris Maitland laisse ses fûts à Gavin Harrison.
A la fin de cette même année sort le magnifique « In Absentia » qui s’impose immédiatement comme leur travail le plus abouti. Survolant des mélodies commerciales qui pourraient aisément les placer tout en haut des charts, ce disque distille un son épuré et des compositions éclectiques du meilleur cru. Souvent « heavy », les rythmes se calment sur des complaintes mélancoliques ou des ambiances délicates. Wilson s’y révèlent définitivement comme un formidable songwriter !
Même s’il n’attire pas encore toute l’attention qu’il mérite, Porcupine Tree s’impose dores et déjà comme l’un des fleurons d’un progressif moderne sachant exploiter au mieux mélanger ses influences et trouver la créativité nécessaire à sa perpétuelle évolution.
L’une de pépites du progressif actuel !
L album Fear Of A Blank Plane
Merci Eskoo
